Même si l’UMP et, plus largement la majorité présidentielle, n’ont guère d’illusion à nourrir quant aux élections des deux prochains dimanches, il est bon de rappeler quelques vérités cardinales qui laissent espérer quelques sympathiques
déconvenues à la gauche.
Regrettons d’abord que, comme d’habitude, le sondage ait remplacé l’analyse politique argumentée. C’est, malheureusement, devenu la règle. Une règle nuisible qui fait oublier l’essentiel. Prenons le cas de l’Alsace ! il suffit que deux ou trois sondages donnent un point d’avance à la gauche au second tour pour que tous les media ouvrent sur la perte du bastion et il suffit, quelques jours plus tard, que le point d’avance soit dans l’autre sens, pour que les media, tout aussi unanimes, proclament le maintien de la région à l’UMP. Tous oublient les deux réelles significations de cette série de sondage : d’une part, les résultats sont les mêmes d’une enquête à l’autre vu la différence d’écart ; d’autre part, ils n’ont rigoureusement aucun intérêt comme tout sondage de second tour avant que le premier n’ait eu lieu.
En revanche, les sondages sont utiles à condition qu’on les lise avec sérieux et non avec le seul souci du spectaculaire. Que nous enseignent-ils ? l’ensemble de tout ce qui n’est pas la gauche est à un niveau très bas, autour de 40 %, voire moins, ce qui nous ramène trente ans en arrière, à la fin du septennat de Valéry Giscard d’Estaing. N’oublions pas à la lumière de ces chiffres que, de 1983 jusqu’aux législatives de 2007 incluses, exception faite de la présidentielle de 1988, l’ensemble des droites totalisait entre 55 et 60 % à tous les premiers tours de toutes les élections. La chute s’est produite en 2008 à la faveur des élections municipales, aussi catastrophiques que celles de 1977, et des cantonales, qui ont ramené le nombre de départements administrés par l’UMP et ses alliés, à un niveau inférieur au précédent record à la baisse de 1976.
C’est clair : les électeurs de droite désertent les urnes. Cela ne signifie pourtant pas, et le paradoxe n’est qu’apparent, que la gauche soit en mesure de réaliser on ne sait trop quel grand chelem. Parce que, derrière les sondages, il y a la réalité électorale. C’est pourquoi il est bon de se remémorer les raisons de la berezina de 2004 pour l’UMP, à l’époque théoriquement alliée à l’UDF. Elles sont de trois ordres :
Le haut niveau du Front national qui lui a permis de se maintenir quasiment dans toutes les régions, un certain nombre d’entre elles n’ayant basculé ou étant demeurées à gauche que du fait d’une majorité relative ;
La volonté claire de François Bayrou de régler son compte à l’UMP. Sans aucune exception, les reports de voix de l’UDF au second tour, avaient été désastreux. Bayrou, avant de rejoindre l’opposition de gauche en 2007, avait déjà fait voter pour les listes de gauche ;
La troisième raison en est le mode de scrutin baroque, sorte de scrutin majoritaire de liste à deux tours, inventé par Mitterrand pour les municipales de 1983. Or, il est un théorème qui ne souffre aucune exception : « quiconque change la loi électorale le fait à ses dépens ». C’est ce qu’a cru bon de faire l’UMP après 2002 pour empêcher le Front national, et faire plaisir à la gauche, de jouer les arbitres au moment de l’élection des présidents de région. Du coup, le Front national a joué les arbitres au moment de l’élection des conseillers. En outre, cette histoire est proprement grotesque : le gouvernement Jospin avait lui-même modifié le système électoral des régionales, toujours pour entraver le Front national. Mais le système n’est jamais entré en vigueur puisque le gouvernement Raffarin, oubliant le théorème, a modifié la modification… une inspiration du même ordre que celle de Villepin faisant dissoudre la chambre introuvable de 1993.
C’est pourquoi ces trois raisons n’étant pas réunies, il n’est pas exclu qu'une ou des régions parmi Pays de Loire, Franche-Comté, Champagne-Ardenne, Basse-Normandie ou Centre, reviennent à l’UMP. On verra plus clair après le premier tour !
Dans ce cas de figure, il ne faudra quand même pas refaire l’analyse erronée qui a prévalu au lendemain des européennes de 2009. L’UMP s’était glorifiée de la victoire. Il n’y avait vraiment pas de quoi ! parce qu’à moins de 30 %, c’est peut-être suffisant quand on est associé à l’UDF, mais on est loin du compte quand cet étiage intègre aussi le Nouveau Centre, les Progressistes, la Gauche Moderne, CPNT et le MPF... En 2009 comme en 2008 et, c’est à craindre dimanche prochain, la gauche reste à un niveau exceptionnellement élevé.
L’UMP doit se poser la question de revenir à ses fondamentaux : répondre à la volonté de réforme de ses électeurs de 2007 et cesser de courir après l’extrême gauche verte comme en Ile-de-France, et à coup de billevesées qui exaspèrent et ruinent les Français comme le Grenelle de l’environnement, l’observatoire de la parité, la Halde, l’Hadopi, la taxe carbone, etc. Tout ce à quoi nous avons pensé lorsque Nicolas Sarkozy a déclaré au Salon de l’Agriculture que « ça commençait à bien faire ! » Il parlait d’or.
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c'est la vérité même et il n'y a que la vérité qui blesse!!! la France do [...]
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Je partage la même idée "une aide individuelle et gratuite des moins favor [...]
alexandre à propos de Intolérable Tolérance ou l'instrumentalisation des valeurs démocratiques par ses ennemis
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Randa Kassis est courageuse, regardez la régulièrement sur France 24! elle [...]